Auteur Sujet: Ma semaine à l'asile.  (Lu 190 fois)

Manu Dalton

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 863
  • Ex-Rédacteur en chef des Poires rectales.
    • Voir le profil
Ma semaine à l'asile.
« le: 13 décembre 2017 à 00:41 »
Depuis une semaine une personne qui m'est très proche est hospitalisée à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, autrefois connu sous le nom de Robert Giffard si vous êtes de mon âge ou de Saint-Michel archange si vous êtes plus vieux. Cette personne est là parce qu'elle voulait mettre fin à ses jours, que ça nous ( ses proches) a rendus inquiet et surtout parce qu'on l'a traînée de force à l'urgence mardi de la semaine dernière. Vous voyez déjà le topo, c'est rien de réjouissant.

Je commence en vous disant de ne pas hésiter une seule seconde à amener une personne en détresse mentale vers les services hospitaliers. C'est clairement votre présence d'esprit qui va sauver une vie. Chaque jour, chaque heure, chaque minute compte. Soyez présent et grouiller vous le cul quand les signes s'accumulent. C'est ce qui est arrivé dans le cas de cette personne dont je vous parle. Je vais l'appeler X. Parce que X ne sait évidement pas que je vous raconte ceci et parce que son identité ne changerais rien au propos que je veux développer ce soir.

Bref, cette personne proche de moi, X,  est internée à l'asile depuis une semaine comme dirait les vieux. Je vais vous épargner mes états d'âme face à la situation, c'est évidemment pas facile parce que je suis proche de X, mais ce dont je veux vous parler c'est de quelque chose que peu de nous avons vu de l'interne : l’hôpital psychiatrique. On s'entend juste les deux mots amènent un tas d'images. On imagine toutes sortes de choses troublantes à la seconde ou l'on évoque un lieu dévoué à la santé mentale. Je n'étais jamais allé dans un tel endroit avant la semaine dernière.

La première chose qui surprend est l'étendu du bâtiment, c'est énorme. Sans faire de mauvais jeu de mot c'est une vrai maison de fou comme dans Astérix là dedans! Il y a des tonnes de corridors et c'est franchement fourrant. J'ai viré en rond un bon 15 minutes quand j'ai voulu ressortir le premier soir. Mais c'est ici que la référence de BD arrête.

Ce qui frappe le plus est à quel point le personnel est sympathique et empathique. On dirait que chaque employé essai de lutter contre le stéréotype de l'asile. L'ambiance du lieu est étonnamment relaxe, ça a rien à voir avec un autre hôpital, c'est étrangement calme.
Ce qui me frappe est aussi à quel point je ne croise pratiquement jamais de visiteurs. J'en ai même pas vu cinq en une semaine. Au point que ça me troublais, j'en ai donc parlé à un des infirmiers qui m'a candidement dit que la plupart des patients n'ont pas de visites. Ça fait pas chic passer ses soirées à l'asile à ce qui parait. Les gens qui ont besoins de soins mentaux sont malheureusement souvent perçus par leur proche comme une honte. C'est triste et complètement imbécile. Ces gens là sont simplement malade au même titre que votre autre proche qui a un cancer. Ils sont là parce qu'ils ont besoin de soins, point final. Mais quand c'est dans la tête ça l'air que c'est honteux.

En même temps faut pas se leurrer, y a des secteur où c'est toff là dedans. Le secteur des gens ayant des troubles psychotiques ressemble à s'y méprendre à une prison. Quand vous avez des pensées suicidaires vous passer par là. Tout est barré et tout est contrôlé à l'entrée. Sécurité des patients oblige. Vous venez visiter ? Vous aller passer dans un espèce de sas. Vous aller laisser vos manteaux, sacs, effets personnels dans un vestiaire. Vous ne pouvez rien amener à votre proche, même des vêtements ou des produits hygiéniques, rien. La rencontre avec votre proche va se passer dans une salle digne d'une série policière à petit budget : Deux chaises, une table, un téléphone. Manque juste le bottin de téléphone pour que le mauvais flic fasse parler le criminel en lui en donnant des coups sur la noix. Il ont probablement pas de bottin à l'asile parce que leur monde a justement déjà eu assez de coups sur la noix avant d'arriver...

Le secteur des dépressif et des anxieux est pas mal plus smooth. C'est encore barré partout mais déjà il y a plus de sas. Vous pouvez amener des trucs à votre proche qui seront vérifier avant de lui être remit. Plus de salle d'interrogatoire non plus, vous pouvez discuter dans la chambre. C'est poche dans un sens parce que les chambres sont doubles pis la visite a l'air a troubler les patients qui sont là depuis un bout. Je vous l'ai dit qu'ils voyaient pour la plupart personne en dehors du personnel ? Y a une des veilles déprimées qui m'a dit« X a de la chance d'avoir de la visite tous les jours, moi j'en ai jamais.» J'aurais voulu ramper sous le parquet tellement j'étais mal à l'aise. Que répondre à ça ? Je suis pas pour dire à la pauvre dame qui me regardait les yeux pleins d'eau que c'est triste que sa famille la traite comme une merde. Parce que la vieille est pas folle même si elle est à l'asile, elle l'a remarquée que je viens visiter X chaque jour. L'infirmier de garde aussi d'ailleurs. Dès le deuxième soir d'hospitalisation de X il m'a dit « Vous êtes venu voir X hier m'sieu, vous pouvez y aller.» Y a quelque chose de cool à ce qu'il porte attention à ce point mais c'est en même temps immensément triste.

Je vous écris ce roman simplement pour vous dire que finalement l'asile c'est pas si pire que ça.  Jusqu'à maintenant j'ai croisé plus de monde weird au terminus d'autobus que dans l’hôpital. Parce qu'en dedans hormis le secteur pour le monde en crise ca juste l'air d'un gros hôpital. En plus ça l'air que la bouffe est bonne. Pis en prime vous risquer pas de vous faire piler sur les pieds dans la salle des visiteurs...


 
« Modifié: 13 décembre 2017 à 00:47 par Manu Dalton »
Avertissement: Ce message peut contenir un niveau élevé de sarcasmes, des opinions stupides ainsi que des traces d'arachides. La discrétion du lecteur est avisée.

Juggalo

  • Membre Senior
  • ****
  • Messages: 292
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #1 le: 13 décembre 2017 à 21:57 »
Vraiment intéressant.  Merci d'avoir partagé.  J'ai toujours vu l'établissement de loin (c'est vrai que c'est immense) et ça pique la curiosité.

En espérant que ton ami/e finisse par mieux aller.

Philo

  • Фило
  • Administrateur
  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1 066
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #2 le: 13 décembre 2017 à 22:25 »
Merci de partager.

Ce que tu écris sur le personnel me fait penser à ce que j'ai vu dans le reste des soins hospitaliers. Le système est tout croche, mais le personnel est souvent ce qui tient le tout à bouts de bras. C'est pas tout le monde qui est rempli d'empathie, mais ceux qui le sont rendent une machine infernale beaucoup plus humaine.

C'est dommage qu'on ne le célèbre pas plus dans cette société.

J'espère que ton ami se rétablira rapidement.

Manu Dalton

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 863
  • Ex-Rédacteur en chef des Poires rectales.
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #3 le: 14 décembre 2017 à 10:17 »
Comme tu dis Philo le problème là comme ailleurs dans le système de santé c'est l'accès aux soins, pas le personnel. Et c'est encore pire en santé mentale. Essai juste pour le fun de voir un psychiatre ou un psychologue dans le réseau public, c'est pratiquement impossible.Tu va être sur une liste d'attente pendant des années quand on sait très bien que la personne qui demande à consulter les services psychologiques est pratiquement toujours à bout et à besoin de soins immédiats. C'est un peu comme dire à une personne qui se casse le bras : « On va vous prendre en charge mais dans 2 ou 3 ans, retourner chez vous en attendant pis essayer de dealer avec la douleur.»

On va me sortir l'argument que ça existe partout dans le privé. C'est vrai. Mais à 100$ minimum la séance, à une séance semaine ou une séance au deux semaines pour que ça soit efficace, c'est complètement impossible financièrement pour la plupart des gens. Il vous reste donc à espérer que votre employeur offre le service via les assurances collectives, ce qui laisse quand même la majorité de la population sans couverture. Et encore là, quand il y a une couverture par l'employeur c'est très limité en nombre de séances. Dans les meilleurs cas vous aller en avoir dix ou douze, dans les pires cinq ou six. Ça peut aider mais ça réglera  probablement pas la majorité des problèmes. Bref, la santé mentale est clairement le parent pauvre du réseau malgré le nombre énorme de gens qui auraient besoin de soins.

X va mieux. C'est encore fragile mais le moral remonte et les pensées suicidaires semblent chose du passé depuis quelques jours. En espérant que le tout continu sur cette voie!
Avertissement: Ce message peut contenir un niveau élevé de sarcasmes, des opinions stupides ainsi que des traces d'arachides. La discrétion du lecteur est avisée.

Cappie

  • Membre Senior
  • ****
  • Messages: 379
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #4 le: 16 décembre 2017 à 22:55 »
J'ai connu une dimension assez froide et bureaucratique de Robert Giffard il y a quelques années. J'y suis allé pour une évaluation. Rien de très grave, c'est par rapport aux troubles anxieux et de déficit d'attention. Il y avait une première entrevue avec une neuropsychologue  et une autre avec une psychiatre quelques semaines plus tard. Ce deuxième entretien ne s'est pas très bien passé. Les conditions très froides, très bureaucratiques, m'empêchaient de connecter avec la doctoresse et avec moi-même. (J'étais suivi par une psychothérapeute privée à la même époque, donc je pouvais voir la différence de contexte.) Comme de fait, les démarches avaient commencé sept ou huit mois plus tôt avec le papier du médecin pour une première évaluation au CLSC, etc.

Fait intéressant, dès la deuxième phrase, je m'efforce de préciser que ma situation n'est pas "très grave". Cette clarification est parfaitement fondée puisque je n'étais justement pas dans une situation comme celle de X, mais en même temps, c'est comme si je voulais me dissocier le plus possible des gens qui sont internés là et du côté asile de fous de cet hôpital. Je relativise ma situation par rapport aux gens internés pour éviter l'embarras. Il y a ce malaise qu'il n'y a pas (ou moins) en santé physique. M'étant fait une (double-)fracture de la cheville l'an passée, j'ai eu droit à une ou deux situations  de "Oups, moi je me plains de ma petite foulure de la cheville alors que toi, t'as eu la cheville cassée avec des vis et tout". Il y a malaise, il y a embarras, mais ce n'est pas lié à une stigmatisation.

Il faut dire que ça frappe. Je suis allé là en tant qu'individu "séculier" (j'utilise ici l'analogie religieuse par manque d'idées ou de mots) pour des problèmes par rapport à ma vie séculière. Ça restait quand même la grosse forteresse qui ressemble à Arkham où les gens sont internés. Quand j'étais petit, le père de mon ami travaillait là. Il "gardait les fous".

J'ai l'impression que la psychiatrie elle-même est stigmatisée. Ses erreurs passées lui collent à la peau. On va lui reprocher la lobotomie ou le traitement de l'autisme par la psychanalyse, alors qu'on va être plus clément envers d'autres branches de la médecine malgré leurs propres bizarreries. Il y aussi les controverses plus contemporaines comme les excès de la désinstitutionnalisation (même si c'est davantage une ratée politico-administrative que médicale), ou bien les fameux changements du DSM.  Il me semble que c'est davantage l'industrie pharmaceutique que l'orthopédie qui prend le blâme pour la crise des opioïdes. On va pointer du doigt la culture de l'impatience et non les médecins-généralistes pour la surprescription des antibiotiques.

Comme j'en ai parlé un peu plus haut, j'ai consulté en psychothérapie pendant quelques années. Ça l'a coûté une beurrée au final, mais comme dit Manu, ce n'est pas cinq ou six consultations qui auraient été suffisantes. D'autres sous-secteurs de la santé ont eaux-aussi des failles. Ma fracture de l'hiver passé m'a fair découvrir le monde de la physiothérapie privée....et de son roulement de personnels. Il y semble normal d'accumuler des tâches à temps partiel dans deux ou trois cliniques différentes en attendant d'être engagé au public. Bon ok, c'est facile de mettre de la glace et de prendre des tylénols quand ça fait mal physiquement. De plus, faire des exercices de physio demandent surtout un peu de temps et d'espace, c'est moins difficile que l'introspection, uhuhhuhuuh. 

C'est un peu comme dire à une personne qui se casse le bras : « On va vous prendre en charge mais dans 2 ou 3 ans, retourner chez vous en attendant pis essayer de dealer avec la douleur.»
Ça me fait penser à cette publicité à la télé qui date d'une dizaine d'années avec le personnage en dépression couvert de bandage entouré de gens ne comprenant pas son état. C'est comme si le monde de la santé mentale lui-même souffrait de ce problème-là.

Manu Dalton

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 863
  • Ex-Rédacteur en chef des Poires rectales.
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #5 le: 17 décembre 2017 à 10:28 »
Cappie : X a eu la même réaction au début quand le staff l'ont transféré là depuis l'urgence de l'Enfant Jésus.  « Je vais être interné à l'asile mais pourtant je suis pas si pire». X a comme toi tenté de se dissocier des autres gens là bas, un peu par honte j'imagine. Et ce même si dans son cas c'était vraiment sérieux et nécessaire d'y rester. Il y a une espèce de honte à aller là, pour les visiteurs comme je le disais dans mon premier commentaire, mais aussi pour les patients. C'est comme si l'endroit te collait des stigmates à vie. X m'a demandé de ne pas le dire aux gens en dehors de son entourage immédiat. On verrait jamais ça avec une blessure physique, qui aurait honte de s'être pété un bras.

À ce jour X a cependant compris que rester à Giffard va l'aider à régler ses problèmes. Cependant on est loin d'être encore sorti du bois. C'est par vague, un moment ça va mieux, puis il y a un creux sans raison apparentes. Ça va être long, parce que le mental c'est toujours long. J'ai le sentiment que j'en ai pour un bout à vous raconter mes semaines à l'asile.
Avertissement: Ce message peut contenir un niveau élevé de sarcasmes, des opinions stupides ainsi que des traces d'arachides. La discrétion du lecteur est avisée.

Cappie

  • Membre Senior
  • ****
  • Messages: 379
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #6 le: 17 décembre 2017 à 14:29 »
Un hôpital "ordinaire" comme l'Enfant-Jésus a des patients de tous les types. Il y a des gens ont un simple rendez-vous de suivi, d'autres qui sont hospitalisés pour quelques jours et même certains qui sont dans le coma. Sauf que personne ne fera le lien "il est allé à l'Enfant-Jésus, il a été dans le coma" comme on peut faire le lien "il est allé à Robert Giffard, il est fou". On réduit l'hôpital psychiatrique aux "cas lourds".

L'après-coup pour une fracture est clairement moins lourd. À moins d'être un athlète professionnel ou un danseur (bref, quelqu'un qui doit performer physiquement), d'être trop orgueilleux ou d'être entouré de connards fermés d'esprit, tu ne porteras pas un gros boulet. Au pire, quelqu'un te dira que t'as l'air de boiter un peu et de toi de dire qu'effectivement, tu as mal à ton ancienne fracture aujourd'hui. T'auras pas trop à te justifier là-dessus.  La personne ne s'imaginera pas que ta fracture s'est rouverte. Une personne mal-intentionnée ne remettra pas en question l'état de ton bon jugement.

Manu Dalton

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 863
  • Ex-Rédacteur en chef des Poires rectales.
    • Voir le profil
Re : Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #7 le: 17 décembre 2017 à 15:16 »
". On réduit l'hôpital psychiatrique aux "cas lourds".


C'est exactement ça. Dans la tête des gens si une personne est amenée là s'est parce qu'elle est en psychose sévère, en camisole de force, à se taper la tête dans les murs. Sinon pour ceux qui y sont déjà les gens pensent qu'il y a juste des cas lourds de trisomiques et d'autismes à Giffard (en passant en presque deux semaines j'en ai vu aucun!).  Alors, que dans le fonds, il y a des gens qui vont là simplement pour voir un psy ou passer des examens.  :(

Faudrait aussi rappeler aux gens que le monde là dedans sont simplement MALADE. Comme dans l'expression «centre de santé mentale», qui sous-entend traitement des maladies mentales. La plupart des cas se guérissent ou se contrôlent au moyen de médicaments, comme dans n'importe quel autre hôpital.
« Modifié: 17 décembre 2017 à 15:25 par Manu Dalton »
Avertissement: Ce message peut contenir un niveau élevé de sarcasmes, des opinions stupides ainsi que des traces d'arachides. La discrétion du lecteur est avisée.

The Kouak

  • Membre Complet
  • ***
  • Messages: 177
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #8 le: 17 décembre 2017 à 23:42 »
Au-delà du fait que la psychiatrie est probablement trop souvent associée aux cas lourds (donc dans l'imaginaire collectif, lire :  dangereux pour la sécurité publique (psychose, psychopathie, etc.)), je crois que les gens cherchent à se dissocier le plus possible d'un institut de santé mental de peur d'être perçu comme un faible, un criminel potentiel, un "malade mental" avec tous les jugements de valeurs qui viennent avec.

Il y a probablement aussi un peu du fait qu'on sait tous très bien qu'aux yeux de plusieurs, un "malade mental" ne guérit jamais. Il y a toujours le risque que quelqu'un se serve de ce moment de faiblesse dans une vie pour discréditer l'individu plus tard, même si c'est totalement infondé et que ça n'a absolument aucun lien avec la situation. Ça dénote une certaine paresse intellectuelle (oh, ironie...), mais on sait tous que ça arrive.

On ne verrait jamais un individu crier à un autre, pendant une discussion animée : "Anyway on sait ben, depuis que tu t'es cassé le bras ya 4 ans, t'as pu aucune logique. T'es dans le champ gauche, le Kouak, on voit ben que ton bras a mal guérit!!! Tu devrais re-consulter avant de faire du mal à quelqu'un, maudit fou." J'exagère un peu, mais ça n'a tellement aucun lien avec la discussion que ça serait totalement ridicule, comme argument. Tout le monde s'entend. Par contre, ramener une dépression réglée depuis longtemps ou des troubles d'anxiété pour tenter d'affaiblir l'argumentaire de quelqu'un, c'est extrêmement lâche, mais pas si rare que ça. Attaquer la crédibilité de la personne plutôt que ses arguments est un peu plus facile. D'autant plus quand on sait que la personne consulte ou a consulté. On en rajoute une couche si elle a été internée.

Dans une société où on doit constamment s'élever au-dessus des autres, ce n'est pas tant surprenant, même si c'est désolant, comme comportement.

Bref, je peux comprendre le réflexe de vouloir se dissocier le plus possible d'une telle institution. C'est beaucoup trop tabou. C'est facile d'avoir de la compassion pour quelqu'un qui se fait hospitaliser 2 semaines à cause d'une pneumonie qui vire mal, mais on juge quelqu'un qui doit se faire hospitaliser dans une aile psychiatrique pour sa propre sécurité. Pourtant, dans un cas comme dans l'autre, on parle d'une hospitalisation nécessaire parce que le corps n'arrive pas à régler une pathologie sans aide médicale.

C'est probablement dû au fait que la santé mentale est encore beaucoup trop abstraite, même si on a découvert récemment que des marqueurs sanguins pouvaient être liés à la dépression. Ça restera probablement tabou tant qu'on ne pourra pas observer un scan clair et net de l'anxiété, de la dépression, etc.

Le Genius

  • Néophyte
  • *
  • Messages: 43
    • Voir le profil
Re : Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #9 le: 18 décembre 2017 à 18:26 »
Merci de partager.

Ce que tu écris sur le personnel me fait penser à ce que j'ai vu dans le reste des soins hospitaliers. Le système est tout croche, mais le personnel est souvent ce qui tient le tout à bouts de bras. C'est pas tout le monde qui est rempli d'empathie, mais ceux qui le sont rendent une machine infernale beaucoup plus humaine.

C'est dommage qu'on ne le célèbre pas plus dans cette société.

J'espère que ton ami se rétablira rapidement.

Merci pour tes bons mots à propos du personnel hospitalier, Daniel.

Et Manu, bon rétablissement à ton ami.

{NiCeGuY}

  • Membre Senior
  • ****
  • Messages: 266
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #10 le: 22 décembre 2017 à 16:24 »
J'ai fait une thérapie externe de cinq semaines en 2009. Ça remis ma vie sur le droit chemin. Avant ça, je n'était pas "self-aware" du tout. La personne que je croyais être et celle que j'étais vraiment étais complètement différente. J'avais aussi très peu d'empathie.

Je suis extrement reconnaissant du travail des thérapeutes qui m'ont aider.

Manu Dalton

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 863
  • Ex-Rédacteur en chef des Poires rectales.
    • Voir le profil
Re : Ma semaine à l'asile.
« Réponse #11 le: 23 décembre 2017 à 17:47 »
X a eu son congé de l’hôpital juste à temps pour la période des fêtes. X va passer Noel avec sa famille qui est en dehors de la région.  :)

Avertissement: Ce message peut contenir un niveau élevé de sarcasmes, des opinions stupides ainsi que des traces d'arachides. La discrétion du lecteur est avisée.