Auteur Sujet: Je quitte le Webzine.  (Lu 4641 fois)

Cappie

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Re : Je quitte le Webzine.
« Réponse #15 le: 13 janvier 2018 à 20:12 »
Je remonte ce topic vieux de quatre ans presque et demie. En gros, tantôt j'ai eu un flashback, en méditant dans la baignoire, d'un événement remontant à la dernière ère ou l'avant-dernière ère Webzinienne. Le moteur de recherche m'a amené à ce beau petit topic.  Fait cocasse, en relisant mes propres interventions, je me rends compte que j'avais déjà pas mal exprimé dans le temps ce que je voulais faire là.  Bon ok, j'ai fini la parti méta-topicienne (topiquienne? sujetienne?).

Quel est cet événement? Il s'agit de la dernière vraie feud du Webzine. Nous sommes à la fin 2008, le Forum n'existe déjà plus depuis peut-être un an, les gens commencent à peine à adopter massivement Facebook. Ce dernier n'a pas encore sacré une volée monumentale aux forums encore ouvert. Cette feud, c'est avec une communauté de joueurs de GN. La Grimouille poste ce billet. C'est certes baveux, mais c'est avant tout rempli d'auto-dérision. La chicane pogne deux mois plus tard et Philo nous livre cette pépite.

À mon avis, ce moment qui m'avait fait bien rire alors que je n'avais que vingt ans est représentatif de ce qu'était l'Internet des années 2000 versus celui des années 2010.
  • Tout le monde avait déjà Internet et il y avait évidemment des sites ou plate-formes mainstream, mais ce n'était pas l'Internet du mainstream qu'on a maintenant. C'était un Internet des communautés. Ces communautés n'ont pas nécessairement disparues, mais elles ont en très bonne partie convergé migré vers les plate-formes mainstream. Comme si on n'avait quitté notre commune hippie pour déménager en ville et jaser dans notre Bar/Café hippie.
  • Les feuds comme celle-là étaient une rencontre "violente" entre deux communautés et les affrontements s'affrontaient sur leurs territoires "indépendants". Les territoires des communautés sont maintenant davantage "fédérés" ou même "dissous" au sein des Facebook, Youtube ou Reddit. Les communautés devaient elles-mêmes supporter techniquement et financièrement les canaux qui constituaient leur territoire indépendant.
  • Ce n'était pas encore l'Internet de l'instantanéité puisqu'il n'était pas encore centralisé autour de Twitter et Facebook. Ça l'a donc pris deux mois avant que la "marde pogne.
  • L'Internet des communautés indépendantes était aussi logiquement l'Internet de l'underground. Les internautes "assidus" étaient moins nombreux. Le terrain de jeu de mainstream était aussi plus limité. L'internaute "assidu" faisait donc rapidement le tour du secteur mainstream et switchait rapidement au secteur underground. En décembre 2008, je n'aurais pas pu entrer dans le local de mon asso étudiante et dire "Avez-vous vu le billet du Philo sur les GNeux?". Cette confidentialité minimisait par ailleurs la gravité potentielle des feuds de ce genre. Kirev n'est pas devenu le Star Wars Kid ou le monsieur de Gatineau.
  • L'autre confidentialité minimisait elle aussi les risques de dérapages. C'était un Internet des pseudonymes et des avatars. On n'avait aucune idée du vrai nom de Kirev, ni de sa face en dessous de son costume de chat. Son costume de chat et son pseudonyme n'étaient pas liés à un compte Facebook avec toutes ses informations personnelles. On est loins des blogues de Narcity qui font des billets sur les comptes Instagram des belles étudiantes de l'UDEM et que les étudiantes en question se ramassent à cause de ça avec plein de dickpics en message privé.
  • Les premiers à être protégés par la double-confidentialité, c'était l'équipe du Webzine. Je viens d'aller voir sur LinkedIn et La Grimouille, le maestro des jokes de sperme, le chevalier de l'honneur roux, l'étalon des lutteuses, enseigne toujours à l'Université. Pourquoi? Parce que si une fouine avait survolé le Webzine, elle n'aurait pas pu rapidement identifié qui se cachait derrière ce divin personnage. Aucune salle de presse n'aurait non plus été intéressée à savoir qu'un universitaire écrit des niaiseries sur Internet. Je ne pense pas me tromper en disant que les interactions avec les journalistes et le Webzine se limitent à la fameuse mise-en-demeure et la fois où Freud a passé au Téléjournal en tant que modérateur d'un forum. (J'avais totalement oublié ces deux histoires.)
  • L'Internet des années 2000 était geek pour vrai. Aujourd'hui, même le terme geek n'est plus le même. D'ailleurs, même le billet baveux de Philo suinte lui-même le geekisme (ou la geekité? le geekening?).
  • Les feuds rigolottes font partie de ce genre de niaiseries qui étaient possible dans un Internet des amateurs. La force du Webzine a été de proposer du contenu de qualité tout en profitant dans la liberté éditoriale propre à l'amateurisme. L'Internet est devenu, à mon goût, trop professionnel, trop carriériste, trop monétarisé. Ça nuit grandement à la production de contenu décalé semblable à celui du Webzine. J'ai pu trouver des youtubeurs français ou américains faire de quoi me rappelant le Webzine, mais jamais de youtubeurs locaux.
  • Je parlais de youtubeurs au point précédent. Je me rends compte les producteurs de contenu décalé ou divertissant ont déserté les blogues et webzines pour faire à la place des podcasts audio ou vidéo. Il y dix ans, c'était encore l'Internet de l'écrit. La révolution Youtube avait déjà frappé, mais la qualité vidéo était encore faible et l'équipement était encore coûteux. C'est pourtant tellement le fun les niaiseries écrites. À la place on a le droit a de l'hostie de clickbait.
  • Les Kirev de ce monde ont maintenant été identifié en tant que mouvance politique. Je ne parle pas de sa compréhension limitée de la démocratie parlementaire, mais bien des deux ou trois commentaires racistes qu'il avait lâché dans les commentaires. Les geeks racistes font partie de ce qu'on appelle l'Alt-Right.